Avec quelles informations acceptons-nous de nourrir nos esprits?
Imaginons des médias qui diffuseraient des informations constructives tout au long de la journée. Serions-nous aussi intéressés?

Nous intéresser aux multitudes de transformations positives et porteuses d’espérances qui fleurissent aujourd’hui sur notre planète.

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Réflexion

STUPÉFIANTES MAUVAISES NOUVELLES!

Faits divers, récits de guerre et de terreur, étalage incessant d’injustices et de turpitudes humaines…  Ce torrent qui, à n’en pas douter, charrie nos émanations les moins réjouissantes pourrait aisément nous emporter avec lui. L’auteur des Nouveaux collectifs citoyens: pratiques et perspectives (Yves Michel Editeur) analyse ce phénomène.

Ivan MALTCHEFF

Il est aujourd’hui courant parmi les personnes engagées dans la transformation sociétale et personnelle de se référer à cette maxime fameuse attribuée à Gandhi de «devenir soi- même le changement que l’on désire pour le monde».  Je propose d’appliquer ce principe au déferlement quotidien de mauvaises nouvelles qui, jour après jours, nous rend addicts!  Grâce aux spécialistes de la publicité et de la communication, nous savons que la répétition d’un message permet de l’inscrire durablement dans notre esprit.  Ceci est largement démontré pour les produits de lessive comme pour les hommes politiques.  Nos communicants nous apprennent également que, si ces messages s’impriment si facilement, c’est uniquement parce qu’ils rencontrent un écho favorable de notre part.

La fabrique de «La Réalité»

Une question pour la santé de l’esprit s’impose donc: avec quelles informations acceptons-nous de nourrir nos esprits?  A qui, à quoi consentons-nous «de louer notre temps de cerveau disponible» si bien défini par un ancien patron de chaîne télévisuelle?  Il est inexact de dire que les informations diffusées par les médias reflètent «La Réalité».  Elles reflètent des choix, pour certains conscients et pour d’autres inconscients, basés sur des critères allant de l’audimat à la sélection de données qui confortent les systèmes de croyances dominants.  Très souvent, le choix de l’information contribue à démontrer ce que l’on cherche à priori.  Tout le reste, ce qui ne sert pas cet objectif est soit ignoré, soit pas même perçu.  C’est ainsi que dans le traitement de l’information s’opère un premier choix de sujets à fort contenu conflictuel ou problématique, souvent déprimants ou mortifères.

Reflexion

Une poubelle qui brûle

Si l’on en croit les spécialistes, les nouvelles positives et porteuses d’espérance ne suscitent pas la même excitation auprès du public puisqu’elles ne se vendent pas.  Un second choix s’opère ensuite sur le traitement de l’information: plutôt que de vouloir présenter les différentes facettes d’une situation pour un même type d’évènement, seule la facette à forte sensation émotionnelle de préférence choquante et instantanée sera mise en avant.  C’est ainsi qu’une manifestation de quelques jeunes en colère qui brûlent des drapeaux devant l’ambassade américaine fait le tour des caméras alors qu’au même moment plusieurs manifestations pacifiques d’envergure restent invisibles.  Rendre compte de la totalité des faits ou actions est impossible.  Un parti pris préside à la sélection de l’information.  Quel est- il?  Une poubelle qui brûle en banlieue retiendra l’attention alors que le travail patient de citoyens et d’associations sur le terrain n’est même pas mentionné.  Le monde entier est inondé, minute après minute, des moindres informations sur le conflit israélo-palestinien et sur les exactions des groupes islamistes violents.

Le plat de la désespérance

Qui a entendu parler des Congrès Mondiaux pour la Paix entre Imams et Rabbins qui se tiennent depuis environ 10 ans?  Les dizaines de milliers de rencontres, d’actions de transformation et de propositions positives de la société civile en pleine effervescence silencieuse passent inaperçues (lire à ce sujet le dernier numéro spécial de Kaizen sur la France en Transition) alors que la manifestation de personnes en colère contre la hausse des charges est un sujet qui fait dire que la France est au bord de l’implosion.  C’est comme si seuls la violence, la colère et le désespoir étaient des choses sérieuses ou pouvaient permettre de transformer les choses.  Si nous n’osons pas croire que l’espérance, le bonheur et les réalisations de transformations peuvent vraiment changer quoi que ce soit, alors nos médias ont raison de nous servir le plat de la désespérance, de la misère humaine et de la colère.
Je me demande souvent si les actions de transformations positives, créatrices de joie, de bonheur et l’absence de problèmes nous intéressent vraiment.  Imaginons des médias qui diffuseraient des informations constructives tout au long de la journée: seraient-ils crédibles?  Serions-nous aussi intéressés?  L’exploration de l’inconnu, du nouveau, du rêve que nous portons en nous nous mobilise-t-elle plus que l’exposition de nos souffrances?  Je ne suis pas tout à fait certain de notre réponse.  De façon consciente ou inconsciente, nous sommes devenus «addicts» à la négativité ambiante sinon comment expliquer cette consommation massive de stupéfiantes mauvaises nouvelles.

Se débrancher de l’énergie négative

Dans notre regard existe une chose qui se consolide en croisant celui des autres.  Ainsi, nous pouvons voir dans nos vies le triste ou le gai, le triste avec un regard gai ou le gai avec le regard triste, ou encore plus rien du tout.  Cela dépend de notre façon de considérer le monde: quel regard utilisons-nous et de quel point de vue nous plaçons-nous?
«La Réalité» est une construction interactive avec notre environnement.  A quoi ressemble donc notre création?  Nous réapproprier notre pouvoir d’agir et de changer en soi et autour de soi passe par la prise de conscience de cette dépendance.  Cette prise de conscience nous amène, lorsque nous n’en pouvons plus, à nous débrancher de ce type d’énergie afin de réorienter notre pouvoir créateur vers autre chose que la triste contemplation d’un monde qui se meurt.  Dès que la porte commence à se fermer sur ces dépendances, nous sommes libres de nous intéresser aux multitudes de transformations positives et porteuses d’espérances qui fleurissent aujourd’hui sur notre planète.  Jamais nous n’avons eu autant d’informations à ce sujet. Il suffit de regarder et de choisir.  Il faut oser sortir de l’intoxication des émotions et de la pensée.

Tous co-créateurs

Mon propos n’est pas de nier que les évènements mortifères existent réellement mais de nier que ces évènements constituent la réalité.  C’est comme si, pour décrire la vie d’un quartier ou d’un village sur une journée, on concentrait en les amplifiant tous les heurts, les propos déplacés, les procès d’intention, les échecs, les accidents et les décès en ignorant tout le reste.  Objecter que changer de regard peut permettre d’ignorer ces situations mais pas de les éviter ni de modifier leur réalité est possible.  C’est oublier que nous sommes tous co-créateurs, à la fois conscients et inconscients de ce qui arrive autour de nous.  Sinon qui d’autre que nous, collectivement, a créé la société dans laquelle nous vivons?  En choisissant délibérément d’orienter notre attention, notre regard, notre pensée, notre énergie, notre action vers ce que nous voulons pour le monde, nous contribuons à le changer.  On pourrait aussi tenter de culpabiliser en pensant que la seule façon d’aider un mourant, c’est de rester à son chevet.  Certainement, mais pas en mourant avec lui…

La «Une» de demain…

Il y a un monde qui se meurt avec une partie de nous-mêmes.  C’est celui basé sur la prédation, la conquête, la guerre, le prosélytisme, la domination, les murs de séparation (homme- nature, masculin-féminin, esprit-matière, terre- étoiles), les vérités uniques, l’individu isolé du monde, l’égologie.  C’est lui qui agonise en direct sous nos yeux.  Mais il y a aussi un monde qui naît avec une partie de nous-mêmes.  Il est fondé sur l’équilibre, l’interdépendance de toutes choses, la reliance, la coopération, les vérités multiples incluses dans l’unité, la non séparation (homme- nature, masculin-féminin, esprit-matière, terre-étoiles), la paix intérieure et extérieure, l’écologie.  Ce monde ne fait pas encore la une de l’information!  Nous sommes dans le passage et il nous appartient de savoir choisir quel bout du tunnel nous intéresse.  Avez-vous choisi?

L’ouvrage de référence

«Les nouveaux collectifs citoyens» disponible aux éditions du Souffle d’Or (Cliquer ici)
Retrouvez Ivan Maltcheff sur www.impulse.fr ou lui écrire: ivan.maltcheff@club-internet.fr